Plusieurs candidats écologistes sont arrivés en tête dans de grandes villes françaises lors du premier tour des élections municipales ce dimanche. Face à l’épidémie de covid-19, Emmanuel Macron a annoncé le report du second tour, tout en validant les résultats du premier tour.

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Au premier tour des élections municipales, les écologistes arrivent en tête dans plusieurs grandes villes de France. PHOTO//CC0 Domaine public

Europe-Ecologie-Les-Verts (EELV) rêvait de faire entrer massivement des écologistes dans des mairies, et prendre des mairies de grandes villes. C’est désormais une vraie possibilité à Grenoble, Lyon, Besançon, Tours, Strasbourg et Bordeaux. Des alliances sont possibles à Lille, Nantes et Rennes.

Des mairies bientôt aux mains des écologistes?

Depuis 2014, Eric Piolle est le seul maire EELV d’une commune de plus de 100.000 habitants en France. Il arrive en tête du premier tour, avec 46,67% des voix, devant Alain Carignon de divers droite (19,8%). Non loin de là, à Lyon, Grégory Doucet, secrétaire de EELV Rhône récolte 28,46%, devant les candidat des Républicains (17,01%) et de La République en marche (14,96%). Le parti écologiste est arrivé en tête dans huit des neuf arrondissements lyonnais avec de nombreuses réserves de voix à gauche. La ville pourrait là encore être gagnée dans un hypothétique second tour.

Surprise à Besançon, où Anne Vignot arrive là encore en tête à 31,2%, devant les Républicains (23,6%) et LREM (18,9%). Autres surprises à Tours et à Strabourg. Le maire sortant de Tours, Christophe Bouchet, arrive deuxième (25,6%), derrière Emmanuel Denis, tête de liste EELV-PS-DVG avec 35,5% des suffrages. À  Strasbourg, avec 27,87 % des voix, Jeanne Barseghian (EELV) devance nettement Alain Fontanel (LREM; 19,86%). Ce dernier est talonné par Catherine Trautmann (PS; 19,77%).

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D’autres alliances en perspective pour remporter des mairies

Depuis la seconde guerre mondiale, c’est la première fois que Bordeaux doit organiser un second tour pour les élections municipales. En effet,  depuis 1947 et à l’occasion de chaque élection municipale, les Bordelais ont toujours élu leur édile au premier tour. Cette fois-ci, Nicolas Florian, successeur d’Alain Juppé en mars 2019, a recueilli 34,55% des suffrages. L’avocat écologiste Pierre Hurmic obtient quant à lui 34,38% des voix. Il n’obtiennent finalement que 96 voix d’écart. Cela sera une quadrangulaire, avec également en lice Thomas Cazenave (LREM) à 12,69 % et Philippe Poutou (NPA) à 11,77 %. 

À Lille, Martine Aubry (PS-PCF) arrive en tête avec 29,8%, devant Stéphane Baly (EELV), gratifié de 24,5% des voix. Si l’écologiste n’a pas réussi son pari d’arriver en pole position, il peut rêver à la mairie. La candidate macroniste Violette Spillebout avec 17,5% des voix appelle en effet à l’union avec les écologistes. Une stratégie du tout pour le tout avec une alliance avec la France Insoumise (8,8%), le Parti Animaliste (2%) ou une alliance avec Martine Aubry pour un second tour plié? Les discussions sont en cours.

Des positions qui permettent d’autres alliances à Nantes et Rennes

À Nantes et à Rennes, les listes écologistes obtiennent d’autres scores historiques et peuvent nouer des alliances avec les candidats socialistes arrivés en tête. En effet, quatre candidats sont qualifiés pour le second tour à Nantes : Johanna Rolland PS (31,36%), Laurence Garnier LR (19,94%), Julie Laernoes EELV (19,58%) et Valérie Oppelt LREM (13%). À Rennes, la socialiste Nathalie Appéré est arrivée en tête du premier avec 32,77% des voix, devant l’écologiste Matthieu Theurier (25,37%). Ils envisagent une fusion de leurs listes

Un second tour de plus en plus hypothétique

Ces résultats ne doivent pas faire oublier le taux d’abstention record pour un premier tour d’élections municipales, à 54,5%. C’est une hausse de 18 points par rapport à 2014. Toutes les classes politiques s’interrogent sur la tenue du second tour. En particulier, Julien Bayou, secrétaire national d’EELV et Marine Le Pen, présidente du Rassemblement national, ont appelé à reporter le second tour des élections.  

Lors de son allocution télévisuelle ce lundi 16 mars à 20 heures, Emmanuel Macron a annoncé le report du second tour des élections. Malgré le code électoral qui prévoit que le second tour doit intervenir normalement « le dimanche suivant le premier tour », le gouvernement entend garder les résultats du premier tour. Cela validerait en particulier l’élection de 30.000 maires dès le premier tour sur les 36.000 communes françaises. Christophe Castaner a ensuite précisé que la nouvelle date serait décidée en mai après consultation des différents chefs de partis, suite à l’avis du Conseil scientifique. Il devrait avoir lieu avant la fin du mois de juin.

Auteur : Matthieu Combe, journaliste du magazine Natura Sciences


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