Les écologistes ont remporté plusieurs villes de plus de 100.000 habitants lors du second tour des élections municipales ce dimanche. Besançon, Lyon, Strasbourg, Bordeaux, Poitiers, Annecy, Tours, Grenoble ou encore Marseille, les écologistes jouent désormais dans la cours des grands. [Retrouvez sur cette page aussi les résultats du 1er tour]

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Lors des élections municipales 2020, les écologistes arrivent en tête dans plusieurs grandes villes de France. PHOTO//CC0 Domaine public

Le taux d’abstention est record, estimé à 60 %. Mais dans la soirée, Yannick Jadot, ancien candidat à l’élection présidentielle sous la bannière Europe-Ecologie-Les Verts (EELV) arborait un grand sourire au fur et à mesure que les résultats tombaient sur France 2. « Il y a une telle attente, explique-t-il. Vous savez, on est sorti du confinement et bing, la canicule. On se prend la pollution de l’air. Les gamins sortent du confinement et ils ne peuvent plus jouer dans les cours de récré. »

Pierre Hurmic à Bordeaux, Grégory Doucet à Lyon, Jeanne Barseghian à Strabourg

C’est un coup de tonnerre qui s’abat sur la classe politique de Bordeaux. La gauche avait déserté la mairie depuis 73 ans. Pierre Hurmic, le candidat EELV soutenu par le Parti socialiste, le Parti communiste français et Genérations, remporte le scrutin avec 46,8 % des voix. Face à Nicolas Florian, successeur d’Alain Juppé et ses 43,2%.

La victoire est sans discussion à Lyon. Grégory Doucet (EELV) remporte la troisième ville de France avec 53,5% des suffrages. À Strasbourg, Jeanne Barseghian (EELV) emporte le second tour avec 42.5% des voix, dans la triangulaire l’opposant à une coalition LREM-LR et au PS.

Léonore Moncond’huy à Poitiers, Emmanuel Denis à Tours

Même son de cloche du côté de Poitiers. L’écologiste Léonore Moncond’huy, tête de liste de Poitiers Collectif, remporte la mairie avec 42,83% des voix, dans une triangulaire face au maire sortant (PS) et à LREM.

À Tours, l’écologiste Emmanuel Denis remporte la mairie avec 55% des voix. Il avait su rassembler largement à gauche dès le premier tour.

Anne Vignot à Besançon, François Astorg à Annecy

Il s’en est fallu de peu. Anne Vignot, EELV, remporte la mairie de Besançon avec 43,84 % des voix, et 566 voix d’avance sur son rival LR Ludovic Fagaut. 

Le scrutin a été encore plus serré à Annecy, bastion imprenable du centre-droit depuis 1953. La liste d’alliance avec LREM menée par l’écologiste François Astorg du mouvement « Réveillons Annecy », ancien EELV, l’emporte avec 44,74% des suffrages. Il devance le maire sortant Jean-Luc Rigaut de 27 voix.

Michèle Rubirola à Marseille, Eric Piolle à Grenoble

L’écologiste Michèle Rubirola, à la tête de la coalition de gauche « Le Printemps Marseillais », est arrivée en tête à Marseille, recueillant 39,9 % des voix, devant Martine Vassal (29,8 %). Elle a été élue maire de la deuxième ville de France le 3 juillet.

Enfin, Eric Piolle (EELV) est réélu à Grenoble, ville vitrine des écologistes, avec 53,13%. Depuis 2014, Eric Piolle était le seul maire EELV d’une commune de plus de 100.000 habitants en France.

La vague verte ne gagne pas Lille, Toulouse et Metz

Défaite surprise à Lille, Metz et Toulouse. Martine Aubry est réélue maire de Lille, devançant le candidat écologiste Stéphane Baly de 227 voix. À Metz, le candidat EELV perd face à François Grosdidier, sénateur LR, avec moins de 200 voix d’écart. À Toulouse, le maire sortant Jean-Luc Moudenc (LR) soutenu par LREM, est réélu avec 51,87% des voix. Il bat l’écologiste Antoine Maurice, tête de liste d’Archipel citoyen.  

Comment Emmanuel Macron répondra-t-il à cette nouvelle attente? Le chef de l’État s’est exprimé ce lundi 29 juin devant les 150 membres de la Convention citoyenne pour le climat dans le jardin de l’Élysée. Il a fait savoir qu’il comptait transmettre au gouvernement et au Parlement 146 propositions sur les 149 propositions visant à répondre à l’urgence climatique.

Auteur : Matthieu Combe, journaliste du magazine Natura Sciences

[ Article du 16 mars sur les résultats du 1er tour] – Une vague historique mais fragile

Plusieurs candidats écologistes sont arrivés en tête dans de grandes villes françaises lors du premier tour des élections municipales ce dimanche. Face à l’épidémie de covid-19, Emmanuel Macron a annoncé le report du second tour, tout en validant les résultats du premier tour.

Europe-Ecologie-Les-Verts (EELV) rêvait de faire entrer massivement des écologistes dans des mairies, et prendre des mairies de grandes villes. C’est désormais une vraie possibilité à Grenoble, Lyon, Besançon, Tours, Strasbourg et Bordeaux. Des alliances sont possibles à Lille, Nantes et Rennes.

Des mairies bientôt aux mains des écologistes?

Depuis 2014, Eric Piolle est le seul maire EELV d’une commune de plus de 100.000 habitants en France. Il arrive en tête du premier tour, avec 46,67% des voix, devant Alain Carignon de divers droite (19,8%). Non loin de là, à Lyon, Grégory Doucet, secrétaire de EELV Rhône récolte 28,46%, devant les candidat des Républicains (17,01%) et de La République en marche (14,96%). Le parti écologiste est arrivé en tête dans huit des neuf arrondissements lyonnais avec de nombreuses réserves de voix à gauche. La ville pourrait là encore être gagnée dans un hypothétique second tour.

Surprise à Besançon, où Anne Vignot arrive là encore en tête à 31,2%, devant les Républicains (23,6%) et LREM (18,9%). Autres surprises à Tours et à Strabourg. Le maire sortant de Tours, Christophe Bouchet, arrive deuxième (25,6%), derrière Emmanuel Denis, tête de liste EELV-PS-DVG avec 35,5% des suffrages. À  Strasbourg, avec 27,87 % des voix, Jeanne Barseghian (EELV) devance nettement Alain Fontanel (LREM; 19,86%). Ce dernier est talonné par Catherine Trautmann (PS; 19,77%).

Lire aussi : Municipales 2020 : une nouvelle vague verte est-elle possible?

D’autres alliances en perspective pour remporter des mairies

Depuis la seconde guerre mondiale, c’est la première fois que Bordeaux doit organiser un second tour pour les élections municipales. En effet,  depuis 1947 et à l’occasion de chaque élection municipale, les Bordelais ont toujours élu leur édile au premier tour. Cette fois-ci, Nicolas Florian, successeur d’Alain Juppé en mars 2019, a recueilli 34,55% des suffrages. L’avocat écologiste Pierre Hurmic obtient quant à lui 34,38% des voix. Il n’obtiennent finalement que 96 voix d’écart. Cela sera une quadrangulaire, avec également en lice Thomas Cazenave (LREM) à 12,69 % et Philippe Poutou (NPA) à 11,77 %. 

À Lille, Martine Aubry (PS-PCF) arrive en tête avec 29,8%, devant Stéphane Baly (EELV), gratifié de 24,5% des voix. Si l’écologiste n’a pas réussi son pari d’arriver en pole position, il peut rêver à la mairie. La candidate macroniste Violette Spillebout avec 17,5% des voix appelle en effet à l’union avec les écologistes. Une stratégie du tout pour le tout avec une alliance avec la France Insoumise (8,8%), le Parti Animaliste (2%) ou une alliance avec Martine Aubry pour un second tour plié? Les discussions sont en cours.

Des positions qui permettent d’autres alliances à Nantes et Rennes

À Nantes et à Rennes, les listes écologistes obtiennent d’autres scores historiques et peuvent nouer des alliances avec les candidats socialistes arrivés en tête. En effet, quatre candidats sont qualifiés pour le second tour à Nantes : Johanna Rolland PS (31,36%), Laurence Garnier LR (19,94%), Julie Laernoes EELV (19,58%) et Valérie Oppelt LREM (13%). À Rennes, la socialiste Nathalie Appéré est arrivée en tête du premier avec 32,77% des voix, devant l’écologiste Matthieu Theurier (25,37%). Ils envisagent une fusion de leurs listes

Un second tour de plus en plus hypothétique

Ces résultats ne doivent pas faire oublier le taux d’abstention record pour un premier tour d’élections municipales, à 54,5%. C’est une hausse de 18 points par rapport à 2014. Toutes les classes politiques s’interrogent sur la tenue du second tour. En particulier, Julien Bayou, secrétaire national d’EELV et Marine Le Pen, présidente du Rassemblement national, ont appelé à reporter le second tour des élections.  

Lors de son allocution télévisuelle ce lundi 16 mars à 20 heures, Emmanuel Macron a annoncé le report du second tour des élections. Malgré le code électoral qui prévoit que le second tour doit intervenir normalement « le dimanche suivant le premier tour », le gouvernement entend garder les résultats du premier tour. Cela validerait en particulier l’élection de 30.000 maires dès le premier tour sur les 36.000 communes françaises. Christophe Castaner a ensuite précisé que la nouvelle date serait décidée en mai après consultation des différents chefs de partis, suite à l’avis du Conseil scientifique. Il devrait avoir lieu avant la fin du mois de juin.

Auteur : Matthieu Combe, journaliste du magazine Natura Sciences


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