Suite à la catastrophe de Seveso et à sa gestion bâclée, les Etats européens ont réalisé qu’il fallait renforcer le contrôle des pouvoirs publics sur les activités industrielles présentant des risques technologiques majeurs. La catastrophe a donné naissance en Europe à la Directive Seveso en 1982. Puis à la Directive Seveso 2 en 2000 et à la Directive Seveso 3 en 2012.

Seveso restera dans l'histoire comme l'une des catastrophes dont la gestion a été la plus lamentable.

Seveso restera dans l’histoire comme l’une des catastrophes dont la gestion a été la plus lamentable. PHOTO//DR

Les sites classés Seveso sont des installations industrielles dangereuses. L’État les répertorie selon le degré des risques qu’elles peuvent entraîner. Selon le dernier recensement, il existe 1 312 sites relevant de la directive Seveso en France. La réglementation introduit deux seuils de classement selon la « dangerosité » des sites suivant la quantité de substances dangereuses utilisées: « seuil bas » (risque important – 607 établissements) et « seuil haut » (risque majeur – 705 établissements).

« Certains sites SEVESO sont en outre classés « point d’importance vitale » au titre du code de la défense et font ainsi l’objet d’un plan particulier de protection établis par les exploitants sous le contrôle des préfets », rappelle le ministère de l’écologie.

Des sites Seveso sous haute surveillance

Toutes les installations Seveso font l’objet d’une stricte surveillance de la part de l’exploitant et des autorités publiques. En plus, ils doivent établir un plan d’urgence interne et un plan d’urgence externe. Il s’agit de « Plans de prévention des risques technologiques » (PPRT). Ceux-ci permettent si nécessaire d’exproprier les habitants dans les zones les plus dangereuses en cas d’accident. Et obligent les industriels à réduire les risques à la source dans les entreprises. La population doit également être mise au courant des activités de l’usine.

L’Association nationale des collectivités pour la maîtrise des risques technologiques majeurs (Amaris) rappelle que tous les plans de prévention des risques technologiques (PPRT) ne sont pas encore approuvés. Et lorsq’un PPRT existe, il reste peu connu. En effet, les entreprises voisines et les riverains disposent d’un très faible niveau d’appropriation de ses enjeux et de la culture du risque en général.

La prévention des risques sous surveillance

Aucune usine ne peut fonctionner sans l’élaboration d’un plan de décontamination rapide et efficace. La directive Seveso 2 a renforcé la prévention des accidents en exigeant une gestion du risque par les industriels, sous l’autorité de l’Etat. Elle s’applique au stockage comme à l’utilisation de matières dangereuses. La liste a été allongée: explosifs, élimination des déchets dangereux et nucléaires notamment.

Néanmoins, toutes ces mesures n’ont pas empêché l’explosion de l’usine AZF, site SEVESO, à Toulouse qui a fait 31 morts en 2001 et des milliers de blessés dans la ville. Ni l’attentat perpétré sur le site d’Airproducts à Saint-Quentin-Fallavier le 26 juin 2015. Ou encore l’incendie criminel sur deux cuves de la raffinerie de LyondellBasel à Berre-l’Etang le 14 juillet 2015. Et enfin de l’incendie de l’usine Lubrizol à Rouen le 26 septembre 2019.

Finalement, l’Etat ne prévoit aucune mesure de sécurité supplémentaire pour les installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE) ne relevant pas de la directive Seveso. Ni d’ailleurs pour les transports des matières dangereuses (déchets nucléaires, produits chimiques…).

Auteur : Matthieu Combe, fondateur du webzine Natura-sciences.com


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