En matière de literie et d’habillement, il faut se méfier des étiquettes. Un tiers d’entre elles ne reflètent pas les produits utilisés pour traiter ces textiles. Voilà ce que révèle une enquête de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF).

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Literie et habillement : attention, les étiquettes ne sont pas toujours conformes. // PHOTO : Sirtravelalot / Shutterstock

La DGCCRF est formelle : en Europe, la moitié des étiquetages en literie et habillement présentent des anomalies. Parmi ces étiquettes douteuses figurent un tiers de mentions trompeuses pour le consommateur, révèle le rapport de la DGCCRF publié ce 29 avril.

Matelas, oreillers, couettes, chaussons et chaussettes… Tous ces articles sont traités avec des produits appelés “biocides” pour empêcher les organismes indésirables de s’y développer. Dans le secteur textile, il s’agit souvent des articles dits anti-acariens, anti-odeurs ou encore, anti-bactériens. Cependant, comme la plupart de ces textiles sont en contact avec la peau, ils font l’objet d’une vigilance accrue. C’est justement l’objet de l’enquête à laquelle la DGCCRF a participé au niveau européen. Elle porte en majorité sur de petites et moyennes entreprises (72%) et évalue la conformité des produits vendus aux normes européennes mais également à ce qui est écrit sur l’étiquette.

Les substances sont conformes…

D’une manière générale, les entreprises n’utilisent pas de substances interdites. Les biocides qu’elles utilisent sont soit approuvées par l’Europe, soit en cours d’examen. “Les professionnels cherchent à utiliser des substances supposées moins nocives pour la santé telles que le géraniol, l’extrait de margousier ou certaines huiles essentielles”, écrit l’agence sur son site. En revanche, 27 % des professionnels sont incapables de présenter les documents attestant de la nature, du statut ou même de l’efficacité des produits qu’ils utilisent. Alors qu’il s’agit d’une obligation, si le client le demande.

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… mais pas les étiquettes

Pire, les auteurs du rapport relèvent que “le contrôle des modalités d’étiquetage des articles traités a mis en évidence un certain nombre d’anomalies dans environ un produit sur deux”. Il s’agit de produits où l’étiquetage est incomplet ou inexact. Pour 34 % d’entre eux, les noms des substances utilisées n’apparaissent pas sur l’étiquette. Parfois, il n’y a même pas d’étiquetage du tout.

Autre tendance relevée par le rapport, “certains professionnels étiquettent certes leurs produits conformément, mais tendent à minimiser l’impact jugé négatif de ces informations sur le consommateur”. Autrement dit, les étiquettes portent à confusion. Dans un tiers des cas, les mentions qui vantent l’absence ou la réduction de nocivité pour la santé ou l’environnement (bio, naturel, sans traitement chimique, …) sont injustifiées voire fausses. Par exemple, le rapport relève des “traitements indûment qualifiés de « naturels » ou de « végétals », alors que les substances d’origine naturelle étaient présentes en très faible quantité dans le traitement biocide” ou encore, “mise en avant de l’aloe vera dans l’étiquetage, pouvant amener le consommateur à croire à tort que les propriétés biocides alléguées découlaient de cette plante, et non d’un traitement chimique”. Au total, un tiers des 255 établissements contrôlés étaient en infraction.

Fanny Bouchaud

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