Pourquoi est-ce que les scientifiques français continuent de réaliser des tests sur les animaux? Des méthodes modernes sans animaux ont pourtant permis d’importantes avancées pour la science. Tribune du Dr Julia Baines, consultante scientifique de PETA Royaume-Uni.

tests sur les animaux

Des alternatives aux tests sur les animaux en laboratoire existent. PHOTO//PETA

La France délivre des licences d’expérimentation animales. C’est honteux. Elles permettent d’ouvir au scalpel des animaux, de les droguer ou de les empoisonner. On leur endommage le cerveau, on les les prive de nourriture, d’eau et de sommeil… D’autres les inoculent avec des maladies mortelles, les paralysent, les irradient, les gazent ou les soumettent à un stress psychologique important, avant de les tuer. En 2016, la plus récente année pour laquelle des chiffres sont disponibles, 1,92 millions de protocoles expérimentaux ont été effectués sur des souris, des rats, des lapins, des chevaux, des chats, des chiens et d’autres animaux, y compris des primates non humains.

En cette Journée mondiale pour les animaux dans les laboratoires, rappelons qu’il existe de meilleurs moyens. A la fois pour aider les patients humains et étudier les maladies que de volontairement blesser et rendre malades des animaux. Par exemple, un rapport académique de 2017 décrit la façon par laquelle des chercheurs de l’Université Paris Descartes ont bloqué exprès les artères de lapins. Traités comme du matériel de laboratoire jetable, les lapins survivants à ce protocole ont été tués deux semaines plus tard.

Des tests sur les animaux encore répandus

Derrière les portes closes de l’École nationale vétérinaire d’Alfort, les chiens subissent d’immenses souffrances. Un article de 2017 rapporte que des labradors étaient délibérément élevés pour développer une maladie des muscles paralysante. La maladie progresse en s’aggravant depuis leur naissance jusqu’à ce que les chiens atteignent l’âge de 30 mois. À ce stade, ils ne peuvent plus marcher ni jouer. Ils se fatiguent facilement et ressentent des tremblements. Ces chiens d’ordinaire vifs deviennent trop faibles même pour manger par eux-mêmes.

Un autre rapport de 2017 dépeint une autre atrocité. Dans cette étude, des expérimentateurs ont injecté des substances dans les yeux de cinq jeunes singes macaques femelles. Ainsi, les rétines des singes se sont détachées lentement pendant sept jours. Tous les singes ont été tués, soit 30 jours soit 90 jours après l’injection.

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Il existe de nombreux autres exemples

Bien que les animaux aient la même capacité à ressentir la peur et la douleur que nous, humains, notre physiologie est complètement différente. Les résultats des tests sur les animaux sont rarement pertinents pour la santé humaine. Plusieurs revues systématiques ont détaillé l’incapacité de la majorité des tests sur les animaux à produire des données qui bénéficient aux humains. Et ce dans les domaines des maladies neurodégénératives, des troubles neuropsychiatriques, des maladies cardiovasculaires… Mais aussi des accidents vasculaires cérébraux, du cancer, du diabète, de l’obésité, des maladies inflammatoires et plus encore. Alors que de nombreux expérimentateurs restent enlisés dans le passé, les humains malades continuent d’attendre désespérément des traitements efficaces.

Des alternatives existent

Heureusement, de bien meilleures options existent. Les scientifiques peuvent maintenant reproduire des organes humains sur des micropuces pour tester l’impact des médicaments en développement. Des modèles informatiques sophistiqués peuvent simuler la progression de maladies dégénératives. Et prédire avec précision l’effet des médicaments sur le corps humain. D’autres techniques avancées d’imagerie cérébrale peuvent remplacer les pratiques d’expérimentations violentes et primitives. Elles permettent au cerveau humain d’être étudié en toute sécurité, même au niveau précis d’un seul neurone.

Des chercheurs de l’Institut Pasteur de Lille ont développé une technique inédite d’interface air-liquide pour tester l’exposition répétée par inhalation aux cigarettes électroniques. Cette méthode sera plus pertinente pour la sécurité humaine que les tests actuellement réalisés sur les animaux, car elle utilise des cellules pulmonaires humaines. Au lieu de forcer des animaux à inhaler des produits chimiques toxiques, les scientifiques de l’Université Paris Descartes ont développé un modèle en 3D de cellules nasales humaines pour modéliser ce qui se passerait dans les voies respiratoires humaines.

Journée mondiale des animaux dans les laboratoires

De plus, des chercheurs novateurs de Paris et de Tunisie ont collaboré pour développer un nouveau modèle cellulaire en 3D pour le glaucome. Plusieurs méthodes non animales existent en France pour les tests d’irritation cutanée et oculaire et de toxicité de corrosion. Elles consisteraient d’ordinaire à appliquer des substances chimiques dans les yeux ou sur la peau rasée de lapins.

En cette Journée mondiale des animaux dans les laboratoires, servons-nous de ce que la science a de mieux à offrir. En investissant dans des méthodes non animales innovantes et progressistes, nous obtiendrons des traitements et des remèdes bien plus prometteurs pour l’humain. Nous aurons des méthodes plus efficaces et plus fiables pour l’évaluation de la toxicité, tout en épargnant une souffrance inimaginable aux animaux.

Tribune du Dr Julia Baines, consultante scientifique de PETA Royaume-Uni

Avertissement: cet article est une contribution bénévole et ne reflète pas forcément la position de la rédaction.


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