Les colorants, édulcorants, arômes, conservateurs et autres additifs entraînent fatalement des troubles du comportement alimentaire. Certains aspects sanitaires sont identifiés : allergies, développement de troubles ou maladies cardiaques et vasculaires. D’autres sont supposés, mais encore mal évalués : cancers, maladies neurologiques. Les produits bio sont-ils à l’abri de tels risques ?

Les informations données sur les packaging peuvent induire le consommateur en erreur. Qui dit « fabrication française » ne signigie pas  » ingrédients français » © Natura Sciences

Pour compenser les pertes de qualités nutritionnelles et organoleptiques dues aux transformations industrielles, les transformateurs ajoutent à leurs produits des exhausteurs de goût, des agents de texture, des arômes ou encore des vitamines de synthèse…

 Tous les additifs sont-ils autorisés en bio ?

Sur plus de 600 additifs alimentaires autorisés en conventionnel, le bio n’en autorise que 47. A priori, il s’agit de ceux considérés comme sûrs. Pour chacun d’entre eux, la réglementation bio précise les types d’aliments pour lesquels ils sont autorisés. Le dioxyde titane (E171) et le dioxyde de silicium (E551) sont, par exemple, bannis. Ces derniers contiennent en effet des nanoparticules potentiellement dangereuses pour l’homme.

Seuls deux colorants sont autorisés et ceux-ci sont naturels. Aucun édulcorant n’est utilisé, ce qui signifie ni aspartame (E951) ni acésulfame-K (E950). L’aspartame a été grandement médiatisé, notamment par le documentaire Notre poison quotidien de Marie-Monique Robin. Cet édulcorant est utilisé dans tous les sodas lights et les bonbons et chewing-gums « sans sucres ». La plupart des études indépendantes concluent à des effets sur la santé de l’aspartame.

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Et pour les arômes et les conservateurs ?

Plus de 3.500 arômes, synthétiques ou naturels, sont utilisés dans les produits transformés. Les « arômes naturels » peuvent en fait être extraits par des procédés chimiques au moyen de solvants ou provenir de micro-organismes. La mention « naturel » est autorisée par la réglementation du fait que les substances sont issues soit de champignons microscopiques, soit de bactéries transformées.

La mention « Sans colorants ni conservateurs» ne signifie pas « sans additif ». Un produit « sans conservateur » peut, en effet, contenir des antioxygènes qui sont aussi des conservateurs, mais pas au sens réglementaire du terme. Cette mention n’exclut pas non plus que l’aliment ait subi un traitement physique tel que la pasteurisation ou l’irradiation. Identifiez les produits où est apposée la mention « Sans conservateurs* », l’astérisque renvoyant à la légende « conformément à la réglementation en vigueur ». Vous verrez qu’ils sont nombreux ! Cette mention signifie simplement que le produit concerné respecte la législation. En effet, c’est le mode de fabrication qui impose généralement cette interdiction. Le fabricant n’aurait pas le droit d’en mettre de toute manière ! Dans le même esprit les steaks hachés à moins de 15% de matière grasse affichent fièrement ce pourcentage en gros et en rouge sur la barquette… mais il est interdit de vendre des steaks à des pourcentages supérieurs !

Les produits bio n’étant pas renforcés par des arômes artificiels, certaines personnes pourront les trouver plus fades, mais cela leur permettra de redécouvrir leurs goûts authentiques. Les consommateurs occasionnels de bio privilégieront le bio pour les produits bourrés d’additifs, tels que les gâteaux et les plats préparés. Plutôt que d’acheter des yaourts aromatisés, ils choisiront pour des yaourts naturels mélangés à des confitures maison.

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Comment connaître la provenance des ingrédients ?

Il est difficile de connaître l’origine géographique des différents ingrédients utilisés dans les produits préparés. La seule indication « agriculture UE et non UE » ne donne pas beaucoup d’informations sur l’origine des ingrédients. Le produit peut être transformé en France uniquement à partir d’ingrédients étrangers et portera la mention « fabriqué dans X région ». Le consommateur l’assimilera à un produit local, alors que tous ses composants viennent de l’étranger !

Les indications « UE » ou « non UE » peuvent être remplacées par le nom d’un pays lorsqu’au moins 98 % des matières agricoles constituant le produit proviennent de ce pays.

Auteur : Matthieu Combe, fondateur du webzine Natura-sciences.com


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