Une transition énergétique nécessaire

Paru le 22.02.11 - Dernière modification le 20.04.12 - Lu 3 941 fois - Pas de commentaires

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L’objectif retenu en France est de réduire par 4 les émissions de CO2 par rapport au niveau de 1990, d’ici à 2050. © Natura Sciences

L’objectif retenu en France est de réduire par 4 les émissions de CO2 par rapport au niveau de 1990, d’ici à 2050. © Natura Sciences

L’Agence internationale de l’énergie (AIE) et l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) estiment la production mondiale d’énergie primaire, en 2005, à 11,5 milliards de tonnes équivalent pétrole (tep). Cela est plus du double que lors de la première crise pétrolière en 1973. Une tep est une unité énergétique de référence permettant de comparer les énergies entre elles, quelles que soient leur source. Elle correspond à la l’énergie dégagée sous forme de chaleur par la réaction de combustion d’une tonne de pétrole. Ainsi, il est possible de convertir toute valeur énergétique en tep.

Pourtant, en 2009, la consommation d’énergie a baissé pour la première fois depuis 1982. Si elle a reculé de 1,1 % dans le monde, elle a baissé de 5 % dans les pays industrialisés, selon le groupe pétrolier BP. Cela représente une baisse de consommation de 1,2 million de barils par jour en 2009, une seconde baisse annuelle consécutive. La production mondiale de pétrole, quant à elle, a diminué de 2 millions de barils par jour, soit de 2,6 %.

En 2005, les énergies fossiles représentent 81% de la production mondiale avec 25 % de charbon, 36 % de pétrole et 10 % de gaz naturel. Le nucléaire contribue à 6.3 % de la production et l’hydraulique à 2.2 %. Enfin, le bois, les déchets et autres combustibles solides représentent 10 % de la production, pendant que les autres sources renouvelables (géothermie, solaire, éolien), ne contribuent qu’à hauteur de 0.5 %. À noter que toutes les sources ne sont pas équivalentes en matière d’émissions de CO2 (voir sur le tableau ci-dessous).

CombustibleEmissions de CO2
en kg CO2 / kWh
Bois0,41
Charbon0,33
Gaz naturel0,19
Pétrole0,275
Emissions moyennes de CO2 en kg CO2/kWh suivant quelques combustibles

Une répartition inégale de ressources

La répartition de la consommation à travers le monde et celle des diverses sources sont très différentes de celles de la production. Alors que les pays riches ne produisent que 31 % de l’énergie mondiale, ils en consomment moitié plus. Les écarts les plus importants concernent l’Europe des 27 qui n’assure son indépendance énergétique (rapport de la production à la consommation) qu’à 50 %. En outre, la France n’en assure que 50 %, l’Allemagne 39 %, l’Espagne 21 % et l’Italie 15 %. S’agissant des Etats-Unis, le rapport s’élève à hauteur de 70 %. A l’inverse, la production dépasse la consommation en Afrique, en Amérique latine, en Russie, en Australie et au Moyen-Orient. Enfin, grâce à son charbon, la Chine assure son indépendance énergétique à 95 %.

Les échanges internationaux d’énergie, surtout d’énergies fossiles, sont facilités par le très faible coût du transport par maritime ou par oléoducs et gazoducs. Au contraire, l’électricité ne fait l’objet que de faibles échanges, parce que les Etats souhaitent d’abord répondre à leurs besoins et car les pertes électriques augmentent avec la distance.

Energie et niveau de vie

Il existe un lien important entre le niveau de vie et la consommation d’énergie. Ainsi, un Nord-Américain consomme 8 tep par an, un Européen des 15 n’en consomme que 4, un Australien 7, un Asiatique (hors Moyen-Orient) 1, quand un africain n’en dépense que 0.67 !

Il y a des économies qui, à performances égales, sont plus économiques en énergie que d’autre, notamment celles du Japon et de l’Europe des 15. Tout se passe comme si certains pays développés ne se souciaient pas de leur consommation énergétique, comme c’est le cas pour le Canada, l’Australie et les Etats-Unis.

Un problème de rendement

A l’échelle planétaire, environ 40% de l’énergie primaire consommée sert à produire de l’électricité. Le problème est que le rendement des centrales est de l’ordre de 30%. Ainsi, pour une unité de chaleur d’énergie primaire consommée, 30% d’électricité sont obtenus, quand le reste est rejeté à l’environnement sous forme de chaleur. Cette dernière contribue directement à un excès d’énergie à la surface terrestre et donc au réchauffement climatique. Ce rendement est encore plus faible en Chine et en Inde où il était respectivement de 0.27 et 0.21 en 2000. Une centrale nucléaire de 1000 Mégawatts (MW) rejette environ 2000 MW de chaleur. C’est plus qu’il n’en faut pour chauffer une ville moyenne de 100 000 habitants.

Heureusement, Il est possible de réduire fortement la consommation et diminuer les pertes sous forme de chaleur. Pour ce faire, il convient d’utiliser les progrès technologiques, notamment la cogénération et les pompes à chaleur, tout en améliorant la production. La cogénération consiste à valoriser a chaleur émise lors de la production d’électricité pour chauffer, par exemple, des bâtiments. Son rendement peut atteindre 90%.

Pour que la réduction de la consommation soit mondiale, il est capital que la croissance des pays émergents s’accompagne d’un transfert technologique venant des pays développés.

En France

L’objectif retenu en France est de réduire par 4 les émissions de CO2 par rapport au niveau de 1990, d’ici à 2050. Cet objectif vise à assurer l’autonomie énergétique et répondre au problème quantitatif par les énergies alternatives.

Le Grenelle 2 vise de porter à au moins 23 % la part des énergies renouvelables dans la consommation d’énergie d’ici à 2020 et réduire les consommations énergétiques des bâtiments de 38 %. L’objectif retenu est également d’atteindre les 100 000 véhicules électriques achetés dans les 5 prochaines années.

En 2009, les entreprises et les particuliers ont réduit leur consommation d’énergie de 5,2 % par rapport à 2008. Cette réduction s’est accompagnée d’une baisse des émissions de CO2 de 5,7 %. Cette baisse de consommation se conjugue à une hausse des énergies renouvelables. Le parc éolien a franchi la barre des 4 500 MW, soit une hausse de 84,5 % en seulement deux ans.

Auteur : Matthieu Combe

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