Nicolas Hulot était l’invité de Jean-Jacques Bourdin le 23 juin à 8h30 sur RMC. Il y a annoncé les grands chantiers de son ministère de la transition écologique et solidaire. Pour mettre fin au « laxisme » observé sur différents sujets depuis de trop nombreuses années, selon lui.

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Nicolas Hulot fera de la santé et de la transition énergétique ses deux priorités. PHOTO//Fondation Nicolas Hulot pour la nature et l’homme

« La santé et l’environnement […] c’est l’une des priorité de mon ministère », affiche d’emblée Nicolas Hulot. « La santé doit primer sur toutes les autres considérations », insiste-t-il. Notamment, sur le sujet des perturbateurs endocriniens, le texte en discussion au niveau européen est « insuffisant ». Les négociations viennent d’être engagées avec l’Allemagne pour obtenir des avancées. « La France va rester ferme, car mon rôle est de protéger les Français sur ces empoisonnements que nous distillons depuis des années et des années », prévient-il. En l’état, il juge les dérogations prévues comme étant « inacceptables ».

Concernant la qualité de l’air, il veut améliorer le dispositif mis en place pour la circulation alternée. Pour ce faire, il compte augmenter la vitesse de décision pour enclencher le dispositif plus rapidement en cas de pic de pollution. Pour améliorer la qualité de l’air, il compte aussi « assez rapidement » rapprocher la fiscalité du diesel à la pompe et de l’essence .

La transition énergétique, autre priorité!

La transition écologique, c’est aussi la fin des énergies fossiles. Il ne reviendra pas sur les « droits acquis » par les entreprises. En revanche, « dans un délai très court », à savoir durant l’été, il va modifier le code minier pour « interdire toute nouvelle exploration d’hydrocarbures sur les territoires métropolitain et les territoires d’Outre-mer ». La loi devrait être votée à l’automne. Il n’y aura plus non plus de nouveaux permis d’exploitation d’hydrocarbures délivrés à l’avenir.

Sur la polémique concernant la qualité de la cuve de l’EPR de Flamanville, il s’en remettra à l’avis de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), attendue en septembre. Toutefois, « la loi sur la transition énergétique n’est pas négociable », soutient-il. Il va d’ailleurs prochainement annoncer sa feuille de route. Notamment pour préciser comment il entend réduire la part du nucléaire de 75% à 50% à l’horizon 2025 et augmenter l’efficacité énergétique.

Néanmoins, Nicolas Hulot n’est pas un fervent défenseur des éoliennes. Il souhaite rationaliser leur développement. En particulier, il souligne qu’entre un appel d’offres sur l’éolien offshore et l’installation de la première éolienne, il peut s’écouler entre 12 et 15 ans. Passé ce délai, la technologie est devenue obsolète. « Entre temps, on a doublé la capacité [unitaire des éoliennes] et donc on pourrait en mettre deux fois moins », regrette le ministre. Il annonce ainsi la préparation d’« un schéma d’ensemble » au niveau local, en collaboration avec son secrétaire d’État Sébastien Lecornu.

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Deux débats culturels sur les animaux : les loups et la corrida

Les loups sont de plus en plus nombreux et étendent leur territoire. 38 loups pouvaient être tués entre juillet 2016 et fin juin 2017. Mais l’abattage supplémentaire de deux loups a récemment été autorisé. Nicolas Hulot défend cette décision en précisant qu’il s’agit de « deux tirs de défense encadrés », qui ne seront réalisés que si nécessaire. Et à partir de septembre, il s’engage à une remise à plat du dispositif. Il réunira pour ce faire les éleveurs et les ONG autour de la table. Son objectif: définir un plan débutant en janvier 2018 pour les quatre prochaines années.

« Je ne suis pas pour la corrida », rappelle Nicolas Hulot. « Cela fait parti des débats de société, parce que c’est un débat culturel […] qu’il ne faut pas esquiver », souligne-t-il. Néanmoins, il ne s’engage pas pour le moment sur une éventuelle interdiction ou discussion politique sur le sujet.

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Quid de l’industrie du sable et les boues rouges?

Dans la Baie de Lannion, (Côtes-d’Armor), Ségolène Royal avait suspendu l’extraction de sable coquillier. « Je pense très sincèrement que ce n’est pas une bonne pratique », reconnait également Nicolas Hulot. De plus, au niveau local, la population s’oppose fortement à cette pratique. En revanche, Nicolas Hulot cherche une médiation, en collaboration avec Bruno Lemaire, ministre de l’Économie et des Finances, car des permis d’extraction ont bien été délivrés.

Concernant les boues rouges déversées dans le Parc des Calanques, Nicolas Hulot s’engage à aborder le sujet de front. Il faudra trouver un point d’accord entre la poursuite de l’activité industrielle et la protection du milieu naturel.

Les états généraux de l’alimentation

Ces états généraux seront organisés dans l’esprit du Grenelle de l’environnement, avec l’ensemble des acteurs. Il s’agira de définir de nouveaux modes de production et de consommation, pour atteindre sa souveraineté alimentaire. Et donc de cesser d’importer des protéines végétales pour alimenter le bétail français. En amont de ces états généraux, le nouveau ministre de l’agriculture Stéphane Travert devrait traiter les sujets urgents pour pouvoir aborder la discussion dans la sérénité.

Auteur: Marie Lemaire, journaliste-stagiaire du webzine Natura-sciences.com


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