L’initiative Climate Transparency publie l’édition 2019 de son rapport « Du brun au vert ». En France, comme dans les autres pays du G20, l’action climatique doit s’intensifier dès 2020.

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Un enfant s’interroge sur la présence d’un ours polaire près de la plage du Havre. PHOTO//Patrick Janicek, CC BY 2.0

« Bien qu’il y ait des développements positifs récents en France, tels que l’élimination progressive du charbon d’ici 2021, l’adoption de la législation sur la neutralité carbone de 2050 et la date butoir de 2040 pour les ventes de véhicules à combustion thermique, le pays risque de manquer ses objectifs en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre et de développement des énergies renouvelables pour 2020 », analyse Lola Vallejo, directrice du programme climat de l’Institut du Développement Durable et des Relations Internationales (Iddri).

Cette analyse fait écho à la parution du rapport « Du brun au vert : la transition du G20 vers une économie à 0 émission nette », par l’initiative Climate Transparency. Regroupant un réseau international d’organismes de recherche et d’ONG, le travail analyse la performance des pays du G20 à travers 80 indicateurs d’atténuation, de financement et d’adaptation au changement climatique par rapport à l’objectif de limiter le réchauffement à 1,5°C en 2100. «  Aucun des pays du G20 n’a de plan assez ambitieux qui le mette en voie de limiter le réchauffement climatique à 1,5°C, bien que la plupart d’entre eux en soient techniquement capables, et qu’ils aient un intérêt économique à le faire », observe Climate Transparency.

Des émissions encore trop importantes

Les pays du G20 sont responsables d’environ 80 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Les émissions de CO2 y ont augmenté dans tous les secteurs clés en 2018. La hausse atteint 1,8 % pour l’énergie, 1,6 % pour l’électricité. Et 1,2 % pour les transports, 4,1 % pour le bâtiment. Les énergies renouvelables ne croissent pas assez vite. Encore 82% de l’énergie consommée dans les pays du G20 provient d’énergies fossiles.

Les émissions de gaz à effet de serre de la France (hors utilisation des sols) s’élèvent à 6,3 tonnes d’équivalent CO2 par habitant. La baisse est de 10 % sur 5 ans. Le pays se situe derrière la moyenne des pays du G20 : 7,5 tonnes par habitant. En baisse de seulement 1% sur 5 ans. Mais la France n’est pas sur une trajectoire de 1,5°C, loin s’en faut.

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Des solutions bien connues pour le climat

L’ensemble des pays doivent augmenter leurs objectifs de réduction d’émissions pour 2030 d’ici 2020. Et intensifier considérablement leurs efforts d’atténuation, d’adaptation et de financement au cours de la prochaine décennie. Les solutions sont connues et rappelées par Climate Transparency.

Pour limiter le réchauffement à 1,5°C en 2100, il faut sortir du charbon d’ici 2030 dans les pays de l’OCDE. Et d’ici 2040 dans le monde. Les pays du G20 doivent interdire la vente de nouvelles voitures à combustibles fossiles au plus tard en 2035. Le transport de marchandises doit atteindre la neutralité carbone d’ici 2050. Il faut aussi réduire les subventions gouvernementales au secteur de l’aviation, taxer le kérosène et utiliser les revenus pour investir massivement dans de nouveaux carburants sans carbone. Il faut mettre fin au financement du charbon par les institutions publiques et privées, encore diminuer les subventions aux énergies fossiles et les réorienter vers les énergies renouvelables. La rénovation des bâtiments demeure un défi pour tous les pays du G20. Les nouveaux bâtiments doivent être à énergie zéro d’ici 2020-2025.

Climate Transparency idenfie trois axes d’amélioration clés en France : mieux et davantage rénover les bâtiments, développer des transports plus propres et produire plus d’énergies renouvelables. La France peine en effet à atteindre ses objectifs en matière de rénovation énergétique des bâtiments. Elle doit atteindre au plus vite l’objectif de rénovation de 500 000 logements par an, sur les normes basse consommation. Alors que le pays prévoit l’interdiction de vente des véhicules thermiques neufs en 2040, il faudrait idéalement avancer cet objectif à 2030. Enfin, il faut augmenter rapidement la part des énergies renouvelables, notamment pour la production de chaleur.

Auteur : Matthieu Combe, journaliste du magazine Natura-sciences.com


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