Ex-membre d’Europe-Écologie-les-Verts, Barbara Pompili est la nouvelle ministre de la Transition écologique. Lors de la cérémonie de passation de pouvoir, l’écologiste rattachée à la majorité présidentielle a voulu affirmer ses ambitions. Mais sa nomination laisse perplexe. Dans un gouvernement Castex de centre-droit, certains doutent de son effective capacité d’agir.

barbara pompili ministre de la transition écologique
Barbara Pompili et Elisabeth Borne lors de la passation de pouvoirs à l’hôtel de Roquelaure. PHOTO//DR @barbarapompili (Twitter)

Mercredi 7 juillet, peu après dix heures. Sur le parvis de l’hôtel de Roquelaure, Barbara Pompili prend officiellement les rênes du ministère de la Transition écologique et solidaire. Cette ancienne membre d’Europe-Écologie-les-Verts (EELV), incarne aujourd’hui la volonté de verdissement politique voulu par Emmanuel Macron. Au sein d’un gouvernement Castex de centre-droit, la nomination de Barbara Pompili se veut être un signal fort. C’est une écologiste chevronnée qui succède à Élisabeth Borne, au lendemain de la vague verte des élections municipales.

« L’écologie est diverse, et elle n’appartient à personne »

Lors de la passation de pouvoirs qu’elle qualifie de « passage de témoin », Barbara Pompili rappelle son engagement écologique. « L’écologie, c’est la vie. L’écologie, c’est aussi ma vie, la source de mon engagement » déclare-t-elle d’une voix franche. Une semaine après les réponses présidentielles à la Convention citoyenne pour le climat, cette arrivée est un nouveau signal fort. En faisant de Mme Pompili la numéro 2 du gouvernement, le verdissement de la dernière partie du quinquennat semble enclenché. La nouvelle ministre a par ailleurs rappelé que la transition s’effectuerait avec les entreprises. Elle rappelle ainsi la volonté présidentielle de concilier écologie et économie.

De plus, l’ancienne secrétaire chargée de la Biodiversité (2016-2017) se met dans la lignée de figures incontournables de l’écologie. Elle évoque notamment l’ancien ministre de l’Environnement Yves Cochet, ou encore l’ancien député EELV Noël Mamère. Elle évoque également Nicolas Hulot, dont les ambitions ministérielles avaient pourtant fini par se heurter au mur des lobbies. « Ils illustrent par leur diversité une réalité toute simple : l’écologie est diverse, et elle n’appartient à personne » affirme-t-elle. Par ces mots, Mme Pompili rappelle en filigrane que l’écologie n’est pas l’apanage de son ancienne famille politique. Un jeu largement joué par tous les partis depuis le soir du 28 juin dernier.

« Je doute qu’elle puisse arracher beaucoup »

Pour Hugues Renson, vice-président (LREM) de l’Assemblée Nationale, l’arrivée de Barbara Pompili à la Transition écologique est une bonne nouvelle. « Les Français pourront compter sur la force de convictions, le franc parler et le courage de mon amie » félicite-t-il. Mais malgré un discours volontaire, et des ambitions écologiques affichées, la nomination de Barbara Pompili laisse également perplexe. Pour Ségolène Royal, ministre de l’Écologie des gouvernements Valls et Cazeneuve, la tâche de Mme Pompili s’annonce ardue. « On ne voit pas la force écologiste de ce gouvernement » déplore Mme Royal. Elle ajoute que la nouvelle ministre devra « ne pas lâcher […] face aux autres ministères ».

Chez EELV, le secrétaire national Julien Bayou est, lui aussi, partagé par cette nomination. « Elle est écologiste, elle a des convictions écologistes. Entre écologistes on se soutient, même si je doute qu’elle puisse arracher beaucoup » confesse-t-il. Un avis partagé par Jean-François Julliard, directeur général de Greenpeace France. «L’expérience et l’engagement de Barbara Pompili pour l’environnement ne font aucun doute, mais nous sommes malheureusement sceptiques sur l’influence réelle qu’elle pourra avoir face à un président omniprésent et une majorité qui détricote systématiquement toute avancée significative en faveur du climat » déplore-t-il.

Auteur : Chaymaa Deb, journaliste du magazine Natura Sciences


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