Le braconnage d’ivoire et la perte d’habitats ont eu raison du classement des éléphants d’Afrique. L’UICN classe l’éléphant de forêt d’Afrique “En danger critique d’extinction” et l’éléphant de savane d’Afrique “En danger” sur sa Liste rouge des espèces menacées. Avant cette présente mise à jour, les éléphants d’Afrique étaient considérés comme une seule espèce, classée comme “Vulnérable”.

Les éléphants d'Afrique sont classés en danger critique d'extinction.
La Liste rouge de l’UICN classe les éléphants de forêt d’Afrique “en danger critique d’extinction. // PHOTO : Vaclav Sebek /Shutterstock

Les populations d’éléphants d’Afrique reculent sur l’ensemble du continent. Suite à de nouvelles recherches sur la génétique des populations d’éléphants, l’UICN classe les éléphants d’Afrique en deux espèces distinctes : les éléphants de forêt et de savane. Le nombre d’éléphants de forêt d’Afrique a chuté de plus de 86% sur une période de 31 ans. La population d’éléphants de savane d’Afrique a diminué d’au moins 60% au cours des 50 dernières années, selon les évaluations.

Nous devons, de toute urgence, mettre un terme au braconnage et veiller à ce que suffisamment d’habitats convenables soient conservés pour les éléphants de forêt et de savane, déclare Bruno Oberle, directeur général de l’UICN. Ces dernières années, plusieurs pays africains ont montré la voie à suivre, démontrant qu’inverser la tendance du déclin des éléphants est possible. Nous devons travailler ensemble pour que leur exemple puisse être suivi.”

L’éléphant de forêt d’Afrique en “danger critique d’extinction”

Les éléphants de forêt habitent les forêts tropicales d’Afrique centrale et différents habitats en Afrique de l’Ouest. Leur aire de répartition ne chevauche que rarement celle de l’éléphant de savane. Ce dernier préfère les paysages ouverts et occupe une variété d’habitats en Afrique subsaharienne, y compris des prairies et des déserts. L’éléphant de forêt n’occuperait aujourd’hui qu’un quart de son aire de répartition historique. Les populations restantes les plus importantes se trouvent au Gabon et en République du Congo.

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Les reculs s’accentuent depuis 2008 en raison d’une recrudescence du braconnage. Si le pic a été atteint en 2011, les braconniers continuent de menacer les populations. En plus, la conversion continue de leurs habitats constitue une autre menace importante pour les éléphants. L’agriculture en est la première cause. Le Rapport de situation de l’UICN sur l’éléphant d’Afrique de 2016 fournit l’estimation fiable la plus récente de la population continentale des deux espèces combinées, soit environ 415 000 individus.

De beaux exemples de conservation à répliquer

Malgré le recul des populations d’éléphants, l’UICN veut appuyer l’impact positif des efforts de conservation. Pour une conservation efficace, la lutte contre le braconnage sur le terrain doit s’appuyer sur une législation protectrice. Les pouvoirs publics doivent aussi mieux planifier l’utilisation des terres. Ainsi, dans des aires de conservation bien gérées, certaines populations d’éléphants de forêt se sont stabilisées au Gabon et en République du Congo. Le nombre d’éléphants de savane se stabilise ou augmente depuis des décennies, en particulier dans l’aire de conservation transfrontalière Kavango-Zambèze. Cette zone abrite la plus grande sous-population de cette espèce sur le continent.

Bien que les résultats de l’évaluation placent la population continentale d’éléphants de savane dans la catégorie ‘En danger’, il est important de garder à l’esprit qu’à l’échelle de certains sites, certaines sous-populations sont en plein essor. Pour cette raison, une grande prudence et des connaissances locales sont nécessaires lors de la traduction de ces résultats en politiques”, explique Dave Balfour. Cet évaluateur des éléphants d’Afrique fait aussi parti du Groupe de spécialistes de la Commission de la sauvegarde des espèces de l’UICN sur les éléphants d’Afrique.

Matthieu Combe

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