L’ONU a rendu public un rapport dans lequel il souligne que les objectifs climatiques ne peuvent être atteints. Pour son secrétaire général António Guterres, il est urgent que les États réorientent leurs politiques économiques pour inverser la tendance.

Le secrétaire général des Nations Unies António Guterres parle au micro de l'ONU. Il dit que l'économie mondiale doit changer pour limiter le réchauffement climatique.
Pour le secrétaire général des Nations Unies António Guterres, “notre guerre contre la nature a brisé notre planète”. // PHOTO: UNclimatechange / Flickr

L’urgence climatique et environnementale doit nous pousser à repenser l’économie et notre vision du monde. C’est ce que plaide l’Organisation mondiale des Nations Unies (ONU) dans le rapport intitulé Faire la paix avec la nature. Il synthétise les connaissances les plus récentes sur l’état du climat. Il complète les rapport du GIEC, de l’IPBES et les travaux sur l’émergence de nouvelles zoonoses comme le Covid-19.

Le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) affirme qu’il faut “faire face à trois menaces planétaires simultanément”. C’est pourquoi il est nécessaire de parvenir à “la restauration des écosystèmes et l’amélioration de la santé des populations”. Le programme rappelle également que “la stabilité du climat” est essentielle. L’homme est l’ancien dirigeant de l’IPBES et du GIEC dans un entretien à l’AFP.

L’ONU déplore des objectifs climatiques irréalistes

À l’heure actuelle, le monde n’est pas sur la bonne voie pour atteindre l’objectif de l’Accord de Paris. La trajectoire empruntée par les pays est loin d’être suffisante pour limiter le réchauffement climatique bien en-dessous de 2°C. De fait, l’objectif idéal de limiter la hausse des températures à 1,5°C maximum semble d’autant plus irréaliste.

Source: ONU

À l’inverse, il est très probable que le réchauffement des températures atteigne au moins 3°C. Et selon le PNUE, cela entraînera un inexorable cortège de catastrophes naturelles.

Aucun des 20 objectifs de protection de la biodiversité pour la période 2010-2020 n’a été pleinement atteint. Et les objectifs de développement durable (ODD), destinés notamment à lutter contre la pauvreté, les inégalités et à promouvoir la paix sont menacés par la crise du Covid-19. Dans le même temps, la faim et la pauvreté dans le monde repartant à la hausse.

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Comment en sommes-nous arrivés là? “Au cours des 50 dernières années, la richesse mondiale a presque quintuplé. Cela est dû en grande partie au triplement des extractions de ressources naturelles et d’énergie. Ils alimentent la croissance de la production et de la consommation. La population mondiale double. Elle passe à 7,8 milliards”, dont 1,3 milliard restent pauvres et 700 millions souffrent de la faim, résume le rapport.

Repenser l’économie

“La croissance économique a apporté des bénéfices inégaux en termes de prospérité”, rappelle le PNUE. Mais “la dégradation de l’environnement entrave les progrès réalisés pour mettre fin à la pauvreté et à la faim”, avertit-il.

“Notre guerre contre la nature a brisé la planète”, s’alarme le secrétaire général des Nations unies, António Guterres. “En transformant notre façon de voir la nature, nous pouvons reconnaître sa véritable valeur” et la traduire “dans les politiques, les plans et les systèmes économiques [pour] canaliser les investissements vers des activités qui restaurent la nature et en sont récompensés”.

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L’activité économique ne peut pas être guidée par la seule mesure du produit intérieur brut (PIB), souligne le rapport. “Le PIB est un concept très limité. Il ne prend pas en compte la valeur de la nature. Ni le coût environnemental de la pollution”, souligne Bob Watson. Le rapport suggère aussi “d’éliminer les subventions nocives” pour les réinvestir dans des solutions propres.

Ivar Baste, co-auteur du rapport, souligne que les subventions aux énergies fossiles “dépassent les 5.000 milliards de dollars annuels”. Ces fonds financent également les pratiques agricoles non durables ou encore les transports polluants.

La relance verte pour le climat

Face à la crise de la Covid, un changement radical est nécessaire. Pour Inger Andersen, directrice exécutive du PNUE, il faut voir et valoriser la nature autrement. Pour elle, “les plans de relance verte sont l’occasion à ne pas manquer pour accélérer la transformation”.

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“Nous ne demandons pas aux gens de renoncer à des tonnes de choses. Nous disons que nous pouvons être plus viables et avoir une vie agréable d’une manière légèrement différente”, ajoute Bob Watson. De cette manière, les objectifs climatiques de l’ONU ne seront pas vécus comme des contraintes.

Chaymaa Deb avec AFP

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