Les banques britanniques sont exposées à des conflits d’intérêt sur le climat. Une majorité des membres de leur conseil d’administration ont des liens passés ou présents avec des industries polluantes, révèle une étude du site d’enquêtes DeSmog.

extraction pétrolière
Des liens étroits passés ou présents relient les banques britanniques avec les industries polluantes dont l’extraction pétrolière. // PHOTO : anatoliy_gleb / Shutterstock

Au total, ces conflits d’intérêt concernent 80% des administrateurs, soit 50 sur les 64 des 5 grandes banques du pays à savoir Barclays, HSBC, NatWest, Lloyds et Standard Chartered. DeSmog estime dans un communiqué que ces administrateurs ont ou ont eu des liens étroits avec les industries les plus polluantes, que ce soit comme administrateurs, conseillers ou salariés. Pour l’étude, cet état de fait pourrait être un obstacle à toute action majeure face à la crise climatique.

Des liens avec les énergies fossiles et l’industrie aérienne

Un quart des administrateurs des banques ont même ou ont eu des liens directs avec le secteur des énergies fossiles. Chez Barclays, Tushar Morzaria est également administrateur du groupe pétrolier BP. Pour HSBC, Jose Antonio Meade figure au conseil d’administration de la société mexicaine Kuribrena, impliquée dans l’exploration pétrolière. Au sein de Lloyds, James Lupton détient des actions du pétrolier Shell et du groupe minier Rio Tinto.

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De même, certains sont liés à l’industrie aérienne. Le président du conseil d’administration de NatWest, Howard Davies, a présidé une commission qui a soutenu le projet décrié de troisième piste de l’aéroport londonien d’Heathrow. Enfin, la moitié des administrateurs de banques britanniques sont très proches d’autres banques connues pour soutenir l’industrie polluante comme les américaines Citigroup, Goldman Sachs, Morgan Stanley et JPMorgan ou la suisse UBS.

Ces individus on passé leur carrière immergés dans les normes et l’idéologie de ces industries à fortes émissions carbones. Il est à craindre que de telles expériences les rendent complaisants avec les organisations qui alimentent la crise climatique”, souligne Rachel Sherrington, chez DeSmog.

La banque NatWest a réagi en expliquant selon un porte-parole que la lutte contre le changement climatique était “au centre” de sa stratégie. “Nous savons aussi que nous devons agir rapidement en partenariat avec les secteurs privé et public”, ajoute-t-elle. Et NatWest “est déterminée à jouer un rôle majeur dans la lutte contre le changement climatique et d’aider nos clients à faire de même”. Standard Chartered n’a elle pas souhaité faire de commentaires. HSBC, Barclays et Lloyds n’avaient pas donné suite aux sollicitations de l’AFP.

Les forcer à arrêter le financement des énergies fossiles

Des rapports d’ONG soulignaient récemment que des banques britanniques continuaient à financer des projets très polluants en dépit de leurs engagements à respecter les accords de Paris sur le climat. HSBC et Barclays font toutefois face à la pression de certains actionnaires qui vont soumettre lors des prochaines assemblées générales des résolutions pour les forcer à arrêter le financement des énergies fossiles.

Comment pouvons-nous attendre de ceux qui sont au sommet de banques comme Barclays et HSBC qu’ils prennent des décision difficiles mais nécessaires sur les énergies fossiles compte tenu de leurs liens étroits avec des secteurs qui en sont dépendants ?”, se demande Jeanne Martin, de l’ONG ShareAction, citée dans le communiqué.

Les investisseurs devraient prendre note des passerelles qui existent entre les banques et le secteur des énergies fossiles et utiliser leurs droits de vote pour congédier les administrateurs exposés à un conflit d’intérêt sur le climat”, selon elle.

Natura Sciences avec AFP

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