Silencieux et respectueux de la qualité de l’air en ville, le vélo à assistance électrique gagne du terrain parmi les modes de déplacements doux. S’il est encore majoritairement utilisé comme véhicule individuel unimodal, il pourrait rapidement prendre une place significative sur des trajets utilisant conjointement un moyen de transport collectif, grâce à sa version pliante.

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Le vélo électrique est une bonne solution sur des trajets multimodaux utilisant conjointement un moyen de transport collectif. PHOTO//Pixabay

La voiture électrique s’impose comme une solution pour concilier le modèle du tout automobile et le retour d’un air sain en ville. Mais les problèmes de coût, d’autonomie, d’impact sur le réseau électrique et de gestion des batteries, n’en font pas encore la solution idéale, pour peu qu’une telle solution puisse exister. Le vélo électrique est l’alternative la moins gourmande en lithium et en énergie, en comparaison aux scooters et voitures électriques. Pour un même niveau de silence et d’indépendance vis-à-vis du pétrole. C’est aussi le seul véhicule « motorisé » à rester vraiment plus léger que l’utilisateur lui-même, si l’on écarte les trottinettes.

Ainsi, le vélo à assistance électrique (VAE) peut répondre à un besoin de mobilité sur des parcours allant de quelques kilomètres à quelques dizaines de kilomètres par jour. La plupart des VAE commercialisés depuis leur apparition ont été des modèles de ville. Mais tout comme le vélo conventionnel, le vélo électrique répond à des attentes bien plus larges. Notamment dans le domaine des loisirs, à en juger le boom actuel des VTT électriques. Les ventes explosent chez nos voisins allemands, autrichiens et suisses. De très grandes marques misent parfois exclusivement sur ce secteur.

Des freins : le manque de place et le risque de se faire voler son vélo

Le vélo électrique de ville présente encore certains inconvénients qui retiennent une partie des utilisateurs potentiels à franchir le pas. La taille du vélo en lui-même, qu’il soit électrique ou purement mécanique, est l’un des principaux freins. Où ranger son vélo lorsque l’on vit dans un logement étroit, sans garage ni cour intérieure privée, avec des escaliers ou au mieux un petit ascenseur? Le laisser dans la rue comporte toujours un risque. Selon de nombreux détaillants de cycles, la crainte du vol est un autre frein qui revient régulièrement lorsqu’un client réfléchit à un investir dans un VAE. Opter pour un modèle pliable répond partiellement aux problèmes de taille et de stockage. Et cela ouvre les portes vers des combinaisons de transport intéressantes.

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Un modèle pliant avec système électrique intégré est plus facile à soulever. PHOTO//Bikelec

Selon Hector Fernandez, responsable du fabricant et distributeur de vélos électriques BikelecFR, « il y a encore quelques années la demande de vélos électriques pliants provenait surtout de personnes vivant en appartement sans local à vélo et/ou avec ascenseur exigu, et de camping-caristes qui recherchaient un véhicule d’appoint commode mais compact, pour se déplacer dans un rayon d’action convenable autour du point de nuitée ».

Pour ces derniers, plusieurs fabricants se sont d’ailleurs penchés sur la conception de modèles pliants tout-terrains. On commence à les voir surgir çà et là depuis quelques années, avec ces roues dites « fat ». Il se trouve finalement que ce petit fatbike électrique pliant intéresse un champ bien plus large d’utilisateurs. Y compris les urbains, pour son confort et sa robustesse sur l’asphalte dont la qualité laisse parfois à désirer. Quant à la réceptivité de la part des jeunes, « c’est un sérieux concurrent au scooter, grâce à sa bonne bouille et son côté cool, il serait intéressant de le décliner en version légale de 45km/h (S-Pedelec) », estime Hector Fernandez

Des vélos pliants, comme solution ?

« Dernièrement, on ressent une demande croissante de la part de commuters », ces résidents de zones périurbaines qui travaillent ou étudient en un point éloigné de la même aire urbaine, ajoute le dirigeant de Bikelec. Lorsqu’il s’agit de grande métropoles, l’utilisation de la voiture devient rapidement un cauchemar. Les transports en commun sont là pour répondre à une partie du problème. Mais l’intermodalité n’est pas toujours parfaitement flexible pour accueillir des vélos électriques de grande taille. Notamment dans les trains ou les bus aux heures de pointe.

C’est là que les vélos électriques pliants commencent à jouer un rôle intéressant. « Pour ces profils, nous avons commencé à commercialiser des VAE plus compacts, plus légers, au système électrique intégré y compris la batterie, de manière à répartir au mieux le poids et faciliter l’opération de levage dans les escaliers ou les wagons », explique Hector Fernandez. Mais il concède qu’ « il y a encore beaucoup de travail à réaliser sur le problème du poids, qui est extrêmement difficile à comprimer si l’on veut conserver d’autres caractéristiques cruciales comme l’autonomie et la puissance ». La technologie existante, notamment la chimie des batteries, reste en effet encore un facteur limitant. Même si des progrès fulgurants ont eu lieu ces dernières années.

Le VAE pliant, chaînon manquant pour étendre le champ de l’intermodalité

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VAE pliable miniaturisé au maximum, transportable dans les transports en commun même sans places réservées aux vélos. PHOTO//Bikelec

L’utilisation du vélo à assistance électrique pliable dans les grandes villes combine tous les avantages de l’intermodalité. Le vélo est d’abord utilisé du lieu de résidence vers la gare de départ. Il ne restera pas garé toute la journée sur le parking à vélos avec tous les risques que cela peut comporter. Le voyageur montera avec son véhicule dans le train. La plus grande distance du trajet est ainsi couverte rapidement par cette partie sur rail. En gare d’arrivée, le cycliste n’aura pas à attendre un bus qui ne coïncide pas nécessairement avec l’arrivée du train. Il dépliera son VAE pour arriver directement à son lieu de travail, sans suer. Le vélo pourra même éventuellement prendre place dans le bureau.

Selon Hector Fernandez, « l’avantage réside aussi dans la flexibilité des trajets ». Le trajet maison-travail est une routine que l’on peut briser librement. Que cela soit pour s’ouvrir à une multitude de parcours alternatifs, pour des tâches administratives, faire quelques achats ou profiter d’activités culturelles… en toute indépendance. « Sur le chemin du retour, rien ne nous empêche de rendre visite à la famille quitte à faire un détour de plusieurs kilomètres : la batterie est là pour libérer l’énergie que l’on n’a plus dans le corps à la fin d’une longue journée », détaille-t-il.

Pourquoi s’intéresser aux vélos électriques ?

L’apparition de modèles dotés d’un moteur électrique marquera durablement le rapport de l’homme au vélo. Délaissé au profit de la voiture dans les sociétés occidentales dans la deuxième moitié du vingtième siècle, le vélo s’était surtout cantonné aux loisirs, aux sportifs, aux jeunes, aux pauvres… Ou à quelques irréductibles convaincus que la petite reine est la solution aux maux des transports dans les grandes villes. L’assistance électrique est venue redonner un second souffle au vélo en tant qu’outil de déplacement quotidien. Il remet sur selle les populations réticentes à l’idée d’affronter l’effort ou d’arriver en sueur à destination. L’état français s’est d’ailleurs décidé à donner un coup de pouce aux acquéreurs d’un VAE neuf. Il propose, depuis le 19 février 2017, une aide pouvant atteindre 200€ pour l’achat ou la location d’un VAE couvrant ainsi les zones du territoire non concernées par des aides locales.

La mobilité électrique est la seule, à part celle purement musculaire, à atteindre l’objectif de zéro émission dans la zone d’utilisation. Un point crucial pour limiter la pollution atmosphérique urbaine. Cela explique en partie le recours au tram à la fin du siècle dernier. Ainsi que la construction de lignes de métro dans les très grandes villes. Mais la lourdeur des infrastructures et un parcours rigide impose des limites de tous ordres à ces solutions collectives. L’être humain a pris goût à un sentiment de liberté apporté par les véhicules individuels. Un sentiment sauvegardé par le vélo électrique.

Auteur : Matthieu Combe, fondateur du webzine Natura-sciences.com


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  • Popol Marcon

    Dans l’intermodalité, n’oublions pas la combinaison voiture-vélo. Je comprends bien que ce n’est pas aussi idéal que la combinaison transport en commun – vélo, mais c’est une méthode de transport qui a aussi du sens: de la même manière que l’on utilise les parcs-relais en périphérie des villes pour ne pas encombrer la zone urbaine en circulation automobile en utilisant le bus ou le train pour les derniers kilomètres, on peut en faire de même en mettant son vélo dans le coffre de la voiture et la garer dans une zone sans pénétrer dans l’agglomération avec la voiture. Et en plus c’est plus facile que ce soit gratuit en s’éloignant de la gare, par exemple dans un parking de supermarché.
    Vélo électrique pliant dans le coffre, bonne idée, mais vous dites dans l’article, ça reste lourd quand même, un peu casse-dos, mais si les fabricants font des efforts dans ce sens, pourquoi pas? Pour l’instant, moi, je préfère mon vélo sec, pour le peu de km que j’ai à faire sur la portion vélo (2 à 2.5km aller simple suivant où je me gare, je précise que je travaille qui n’arrive pas à 100000 habitants, et plutôt plate), pas besoin de moteur. Mais je comprends que dans de très grandes villes ou avec de grosses côtes, ça pourrait aider.
    J’approuve à 100% le côté liberté une fois à vélo dans la ville concernée: vraiment plus facile de se garer juste en face de l’endroit où on souhaite s’arrêter, parce qu’il y a pas que le boulot dans la vie, je me sens beaucoup plus réactif avec ce moyen de locomotion que mes collègues qui viennent en tout-voiture et qui réfléchissent à l’heure qu’il est avant d’entreprendre une course pour anticiper la circulation et les places de parking qui peuvent être libre.

  • Testé et approuvé , Sans oublier le swiboo d’oribiky 😉
    https://greenerfamily.fr/2016/11/07/quand-swiboo-rencontre-zoe/