RTE publie son bilan prévisionnel de l’équilibre du système électrique de 2021 à 2030. Sur la sécurité d’alimentation, RTE identifie une période de vigilance de 2021 à 2024. Cette sécurité s’améliore régulièrement pour renforcer la résilience du système électrique à des aléas climatiques ou industriels extrêmes.

La centrale de Cordemais joue un rôle pour assurer l'équilibre du système électrique selon le bilan prévisionnel 2030 de RTE
Le maintien en disponibilité de la centrale au charbon de Cordemais jusqu’en 2026 pourrait favoriser l’équilibre du système électrique // PHOTO : Francois BOIZOT / Shutterstock

Le nouveau bilan prévisionnel de RTE apporte de bonnes nouvelles à moyen terme et son lot de mises en garde à court-terme. “À l’horizon 2030, le système électrique français sera prêt à répondre aux mutations de l’économie et aux nouveaux modes de consommation”, prévient RTE. À cet horizon, RTE prévoit une augmentation modérée de 5 % de la consommation d’électricité en 2030 par rapport à 2019. La hausse de l’efficacité énergétique et des moyens de flexibilité contrebalancent alors l’électrification de nombreux secteurs comme les transports, l’industrie et le bâtiment. Et les émissions du système électrique se réduisent de 30 à 40 millions de tonnes de CO2.

Si à l’horizon 2030 tout semble aller pour le mieux, la vigilance reste de mise à court-terme. “Le système électrique est en transition et nous avons besoin de renforcer les marges à court terme pour permettre une gestion de l’approvisionnement plus sereine”, prévient Xavier Piechaczyk, président du Directoire de RTE. Une condition nécessaire pour y parvenir reste de respecter les objectifs de la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE). Dès lors, le système électrique “restaure progressivement ses marges”.

Bilan prévisionnel de RTE : de la vigilance à la nette amélioration

Avant d’arriver à un système électrique résilient en 2030, RTE identifie trois étapes à traverser sans encombres. Jusqu’en 2024, c’est la “vigilance”. “Les marges sont faibles en raison d’une disponibilité dégradée du parc nucléaire (conséquence de la crise sanitaire et des décalages de travaux de maintenance), du retard de l’EPR de Flamanville et des retards accumulés sur les nouveaux moyens de production renouvelables (principalement les parcs offshore et la trajectoire solaire, l’éolien terrestre dans une moindre mesure)”, explique RTE. L’hiver 2020 – 2021 a été placé sous “vigilance particulière. Ce sera encore le cas de l’hiver 2021-2022.

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Suite à la “vigilance”, arrive la période de “transition” de 2024 à 2026. L’EPR de Flamanville devrait dès lors avoir été mis en service. Les parcs éolien offshore ont vu le jour, les énergies renouvelables terrestres se sont multipliées. En plus, l’effacement de consommation s’est développé, tout comme les interconnexions avec les pays voisins. “Le système électrique retrouve des marges d’exploitation acceptables, sans toutefois être confortables”, note RTE. Enfin, c’est la “nette amélioration”, de 2026 à 2030. Les marges et le niveau de sécurité d’approvisionnement augmentent. Elles renforcent alors “la résilience du système électrique à des aléas climatiques ou industriels”.

Nucléaire et Cordemais pour la sécurité d’alimentation à court terme

Mais en attendant, il faut améliorer la sécurité d’alimentation à court terme. Pour ce faire, il s’agit d’accroître le rythme de développement des énergies renouvelables pour atteindre les objectifs de la PPE. Il convient aussi d’augmenter la disponibilité du parc nucléaire, accélérer le développement des flexibilités sur la demande d’électricité, estime RTE. Ainsi, l’organisme demande de ne pas fermer les “une à deux tranches nucléaires en 2025-2026″ que la PPE pourrait décider en 2023 sur la base d’un rapport remis en 2022. “Les conditions prévues par la PPE pour la fermeture anticipée de réacteurs nucléaires pourront très difficilement être remplies”, assure RTE.

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L’organisme demande aussi “le maintien en disponibilité ou la conversion à la biomasse de la centrale de Cordemais”. Cette centrale située en Loire-Atlantique fonctionne actuellement au charbon. La secrétaire d’Etat à la Transition écologique et solidaire Emmanuelle Wargon avait annoncé la décision d’au moins maintenir en disponibilité cette centralejusqu’en 2024 voire 2026″ en janvier 2020. En parallèle, EDF mène son projet Écocombust pour convertir à la biomasse cette centrale. “Cette opération apparaît nécessaire pour garantir l’équilibre local du système en Bretagne et le respect du critère national de sécurité d’approvisionnement, sur la période 2022-2024 a minima”, défend RTE.

Matthieu Combe

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