Plusieurs enquêtes dénoncent le massacre des poussins mâles, broyés et étouffés. La France n’est pas épargnée : L’association L214 dévoile des images issues d’un couvoir de Bretagne.

Poussins élevage

Les poussins mâles des poules pondeuses sont inutiles pour une raison simple : ils ne pondent pas. Ils sont donc exterminés juste après la naissance… PHOTO//DR

Vous pensiez qu’un poulet était un poulet ? Depuis plus de cinquante ans, il en existe pourtant deux sortes : les poulets de chair et les poules pondeuses. Leur corps et leur métabolisme sont très différents. Ils ont été conçus en vue d’optimiser les rendements dans les deux filières. Ainsi, la production d’œufs des poules pondeuses a plus que doublé depuis les années 1930.

En contrôlant la lumière, la nourriture et l’heure des repas, l’industrie est en mesure de forcer les volailles à pondre toute l’année. Aujourd’hui, une poule pond plus de 300 œufs par an. Pendant ce temps, les poulets de chair élevés pour leur viande ont été manipulés pour atteindre une taille plus de deux fois supérieure en deux fois moins de temps et en mangeant deux fois moins !

Les poussins mâles sont-ils des déchets?

Dans les entreprises d’accouvage,  des milliers de poussins à destination d’élevages de poules pondeuses ou de poulets de chair éclosent. À la naissance, les poussins sont triés et « sexés ». Les femelles de type « pondeuse » sont conservées tandis que les poussins mâles de la même souche sont écartés et traités en déchets. Les poussins faibles ou malformés subissent le même sort. En effet, dans ces élevages industriels, les poussins mâles des poules pondeuses sont inutiles pour une raison simple : ils ne pondent pas. Ils ne conviennent pas non plus pour être élevés comme poulets de chair. Ils sont donc exterminés juste après la naissance.

Pour arriver à cette fin, il est possible de les broyer, les gazer, les jeter vivants dans des sacs plastiques ou des bennes à ordures où ils étoufferont lentement, les écraser, les enterrer vivants… Bref, s’en débarrasser de la façon la plus économique possible. Ces pratiques ont été dénoncées par deux associations étrangères qui ont filmé des élevages en caméra caché. Vous trouverez facilement la vidéo en tapant « poussin mâle » dans n’importe quel moteur de recherche sur Internet (on vous met tout de même une vidéo ci-dessous).

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Une pratique barbare non interdite en France?

L’association L214 dévoile également une vidéo d’une entreprise bretonne d’accouvage. Elle montre la panoplie d’horreurs que ces poussins mâles subissent. Les images montrent également des travailleurs nettoyant le sol de l’entreprise à la raclette sans prendre garde aux poussins encore vivants tombés par terre.

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Le massacre des poussins mâles, filmé par L214

massacre poussins

Comment choisir ses oeufs pour éviter le massacre? « En n’achetant « pas d’oeufs ou de produits en contenant », répond L214

En France, les couvoirs  mettent fin aux jours de dizaines de millions de poussins par diverses façons.  Selon L214, 7 couvoirs ont fait éclore 54 millions de poulettes en France en 2013. Environ autant de poussins mâles ont été tués le premier jour de leur vie.

Quelle que soit l’origine des œufs – conventionnel, plein air ou bio , le sort des poussins est le même. Ce massacre se fera toutefois dans des conditions plus ou moins « dignes » suivant les élevages. Mais peut-on réellement justifier un tel massacre ? Pour y mettre fin, L214 conseille donc de ne plus manger d’oeufs, ou à défaut, signer sa pétition. Plus généralement, cette sombre pratique montre encore une fois bien l’intérêt des circuits courts qui nous permettent d’en apprendre plus sur l’origine de notre nourriture en discutant avec les éleveurs et agriculteurs.

Pour connaître la filière des œufs que vous consommez, vérifiez l’étiquetage. Chaque œuf porte une mention sous la forme «  0-FR-XYZ1 ». Le premier chiffre explicite le type d’élevage. 0 désigne l’élevage biologique. Il est remplacé par 1,2 ou 3 respectivement pour un œuf provenant d’un élevage en plein air, au sol ou en cage. Les lettres suivantes montrent le pays de production (ici « FR » pour la France). Enfin, le dernier groupe permet d’identifier le producteur et le bâtiment de ponte.

Auteur : Matthieu Combe, fondateur du webzine Natura-sciences.com


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